Shooting with Sam

Find their insta here : @minuitvingtneuf

« i planted the seed in my breast

and in its yearning to sprout

an unbearable pain took root

in my pain, i rejected everything, your love, and compassion even,

i devoured it all, not knowing, not wanting to see the bud

growing in my heart and when it had grown enough, blinded

by its red, that i thought boredom,

depression, anger, i cut it out meself,

and instead of trampling the rose like i expected, ya plucked it out

off the mud it had fallen into, and ya replaced it in my lap,

when i was in this wheelchair for the nth time of the year

« don’t look at me in the eyes, »

ya always told me, « it burns, »

ya once continued…

this time though, i did and i

saw the pain being reflected

back at me, as in a mirror,

none the wiser, i thought it only mine

it was only when i noticed the rose, just about to crumble,

on yer back, that i started to understand that ya were pained too »

« we both came a long way since then, didn’t we?

one of respect and understanding… »

« – curiosity too! »

« hey, do ya remember?

the first time we met, we were both having check-ups done,

me for my monthly routine of my fucked up body

ya for yer HRT blood tests and fucked tonus,

each thought the other the belle, not believing

the luck we had to cross paths as we did, well after »

« born or turned a monster,

it doesn’t matter

we’ll still have each other’s back

and love for one another

after all,

I’m Charybde and ya’re Scylla, »

« beast and belle all at once, we both are »

« beauty is the beast, right? »

(originally published in Strange Horizons for a Crip Poets issue)

La Belle est la Bête

(par Milouchkna aka nephaba/Milou,

une monstre bipédaloguine transsexuelle oestrogénée & testostéronée)

« j’ai planté une graine en mon sein
et dans sa soif de germer
une douleur intolérable a pris racine
dans ma douleur, j’ai tout rejeté, ton amour, et ta compassion même,
j’ai tout dévoré, ignorant, refusant de voir la pousse
qui grandissait dans mon cœur et quand elle fut assez grande, aveuglé-e-x
par son rouge, que je pensais ennui,
dépression, colère, je l’ai coupée moi-même,
et plutôt que de piétiner la rose comme je m’y attendais, tu l’as repêchée
de la boue dans laquelle elle était tombée, et tu l’as replacée sur mes genoux,

quand j’étais dans ce fauteuil roulant pour la énième fois de l’année.

« ne me regarde pas dans les yeux, »
me disais-tu toujours, « ça brûle »
as-tu poursuivi une fois…

mais cette fois, je l’ai fait et j’ai
vu la douleur réfléchie
sur moi, comme dans un miroir,
sans comprendre, je pensais que c’était seulement la mienne.

ce n’est que lorsque j’ai remarqué la rose, sur le point de s’effriter,
sur ton dos, que j’ai commencé à comprendre que tu souffrais aussi »

« nous avons toux les deux parcouru un long chemin depuis, n’est-ce pas ?
dans le respect et la compréhension… »
« – et dans la curiosité aussi ! »

« hé, tu te souviens ?

la première fois qu’on s’est rencontré-es, on était toux les deux en train de se faire examiner,
moi pour ma routine mensuelle de mon putain de corps foireux
toi pour les analyses de sang de ton THS et ton tonus à la con,
chacueun pensait l’autre la belle, sans croire à
la chance qu’on avait eu de se croiser de la sorte, bien après »

« né-e-x ou transformé-e-x en monstre,
peu importe
nous aurons toujours le dos de l’autre
et l’amour l’eun envers l’autre
après tout,

je suis Charybde et tu es Scylla, »
« bête et belle tout à la fois, nous sommes toux les deux »
« la belle est la bête, pas vrai ? »

(publié en anglais dans Strange Horizons, pour une édition de Crip Poets)